Votre projet pour les Zemidjans ne les maintient-il pas dans un emploi que  »personne n’a vraiment choisi » selon vos propres propos ?

Le problème est le suivant: les zémidjans sont 60 000 dans Cotonou et 400 000 dans le pays. Est-ce qu’il est réaliste de penser qu’on peut satisfaire immédiatement leur première demande à savoir la reconversion ? Cela va supposer de bien s’organiser pour qu’ils aient du capital, des microcrédits, de la formation. Comment donc peut-on faire l’hypothèse qu’on va passer de 400 000 à zéro?

On doit procéder par étapes pour reconvertir tous ceux qui veulent l’être et ça va prendre plusieurs années. Pendant ce temps, est-ce qu’on les laisse dans la précarité ou déjà on améliore leur statut?

On ne va pas dire « j’ai une solution structurelle à cinq ans donc en attendant, je vous laisse dans la précarité.» Ce n’est pas possible.

Notez aussi qu’en améliorant leur statut, on redonne beaucoup d’argent dans la consommation, les soins, l’éducation car ce qu’ils gagneront en pouvoir d’achat, ils vont le consommer, le consacrer à l’école, à la santé et tout ça a beaucoup d’effets sur l’économie. Donc dans cette phase on essaie de les faire sortir de la précarité avant qu’ils ne sortent du métier et on remporte une petite victoire. Et c’est pareil pour l’emploi des jeunes.

1 février 2016